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Technologie

L’informatique quantique expliquée aux débutants : ce qu’elle est et ce qu’elle n’est pas

Publié le 18 min de lecture
Le cryostat doré en forme de lustre d’un ordinateur quantique suspendu dans un laboratoire propre, étages en cuivre et câbles enroulés, éclairage dramatique

En bref

L’informatique quantique utilise les qubits, la superposition, l’intrication et l’interférence pour s’attaquer à certains problèmes que les ordinateurs classiques traitent mal [1]. Ce n’est pas un remplaçant plus rapide des ordinateurs ordinaires, qui restent les plus adaptés à la plupart des tâches [1]. Au 3 novembre 2026, le matériel est encore expérimental, et le NIST a déjà publié des normes de chiffrement conçues pour résister aux futures attaques quantiques [5].

À retenir

  1. Un qubit peut contenir une combinaison pondérée de 0 et de 1, et c’est l’interférence qui renforce les bonnes réponses et annule les mauvaises [1].
  2. Les ordinateurs classiques devraient rester la meilleure solution pour la plupart des types de tâches [1].
  3. La puce Willow de Google, dotée de 105 qubits, a divisé son taux d’erreur par deux à chaque agrandissement de sa grille encodée, de 3x3 à 5x5 puis à 7x7 [2].
  4. Les accélérations spectaculaires annoncées jusqu’ici portent sur des tâches très spécifiques ; Google indique que l’échantillonnage de circuits aléatoires n’a aucune utilisation commerciale pratique connue [2].
  5. Une estimation de 2025 évalue le cassage de RSA-2048 à moins d’un million de qubits bruités fonctionnant pendant moins d’une semaine, sous certaines hypothèses explicites [8].
  6. Le NIST a publié trois normes de chiffrement post-quantique le 13 août 2024 et exhorte les organisations à engager la transition dès maintenant [5].
  7. Le NCSC britannique demande aux organisations d’achever leur migration vers la cryptographie post-quantique d’ici 2035 [7].
Sur cette page 12 sections
  1. Qu’est-ce que l’informatique quantique ?
  2. Comment fonctionne concrètement un ordinateur quantique ?
  3. Que peuvent faire les ordinateurs quantiques, et que ne peuvent-ils pas faire ?
  4. Les ordinateurs quantiques vont-ils casser le chiffrement actuel ?
  5. Où en est l’informatique quantique en 2026 ?
  6. Quelles annonces sur l’informatique quantique faut-il accueillir avec prudence ?
  7. Quels sont les avantages et les limites de l’informatique quantique ?
  8. Quelle est la suite ?
  9. Erreurs fréquentes
  10. Questions fréquentes
  11. Glossaire
  12. Sources

Qu’est-ce que l’informatique quantique ?

L’informatique quantique est un domaine de l’informatique et de l’ingénierie qui utilise les lois de la mécanique quantique pour traiter l’information, en visant des problèmes que les ordinateurs classiques ne peuvent pas résoudre, ou pas assez vite [1]. Au lieu de bits ordinaires, elle utilise des qubits (bits quantiques), l’unité de base de l’information quantique [1].

Quatre notions expliquent en quoi elle diffère de l’informatique ordinaire, selon la synthèse d’IBM [1] :

  • La superposition : un qubit peut contenir une combinaison des états 0 et 1 plutôt qu’un seul des deux, et des groupes de qubits peuvent représenter simultanément des combinaisons de nombreuses configurations [1].
  • L’intrication : des qubits peuvent être liés de sorte que leurs états soient corrélés ; mesurer l’un renseigne sur les autres [1].
  • L’interférence : les résultats possibles se comportent comme des ondes qui peuvent se renforcer ou s’annuler. Un algorithme quantique est conçu pour que les mauvaises réponses s’annulent et que la bonne soit amplifiée [1].
  • La décohérence : les perturbations dues à la mesure ou à l’environnement font s’effondrer l’état quantique en un état ordinaire ; les ordinateurs quantiques doivent donc la réduire au minimum [1].

Au 3 novembre 2026, le domaine est encore en développement. IBM indique avoir démontré pour la première fois en 2023 l’« utilité quantique », c’est-à-dire des résultats fiables sur des problèmes hors de portée d’une simulation classique par force brute [1]. IBM définit l’avantage quantique comme une solution meilleure, plus rapide ou moins coûteuse que toutes les méthodes classiques connues, et dit s’attendre aux premiers avantages de ce type d’ici fin 2026 [1].

Comment fonctionne concrètement un ordinateur quantique ?

Une idée reçue courante veut qu’un ordinateur quantique essaie simplement toutes les réponses à la fois et lise la meilleure. Or la mesure fait s’effondrer une superposition en un résultat unique [1] : à elle seule, elle donnerait donc une réponse aléatoire. Le travail utile vient de l’interférence : les algorithmes organisent le calcul de sorte que les probabilités des bons résultats s’accumulent et que celles des mauvais s’annulent avant la mesure des qubits [1]. IBM qualifie l’interférence de moteur de l’informatique quantique [1].

Le problème d’ingénierie le plus difficile est le bruit. Les qubits sont fragiles, et la décohérence détruit l’état quantique [1]. La réponse que poursuivent les chercheurs est la correction d’erreurs quantique : encoder l’information sur des réseaux de qubits physiques afin que les erreurs soient corrigées plus vite qu’elles ne ruinent le calcul [2]. Un groupe de qubits bien corrigé se comporte comme un seul qubit logique, plus fiable [2].

Qu’a montré la puce Willow de Google ?

Le 9 décembre 2024, Google a annoncé Willow, une puce de 105 qubits. En agrandissant sa grille encodée de qubits de 3x3 à 5x5 puis à 7x7, Google a divisé le taux d’erreur par deux à chaque étape, une réduction exponentielle que le domaine appelle « sous le seuil » [2]. C’est important parce que ce résultat a montré qu’utiliser davantage de qubits réduisait les erreurs au lieu de les multiplier, et que les réseaux de qubits avaient une durée de vie supérieure à celle des qubits physiques individuels ; Google l’a qualifié de prototype le plus convaincant à ce jour d’un qubit logique capable de passer à l’échelle [2].

De grandes machines nécessiteraient de nombreux qubits physiques par qubit logique. La feuille de route d’IBM, par exemple, décrit un futur système appelé Starling exploitant 200 qubits logiques [4], tandis que Willow compte en tout 105 qubits [2].

Gros plan sur une petite puce quantique supraconductrice tenue par une pince au-dessus d’un support d’échantillon plaqué or, éclairage de salle blanche

Que peuvent faire les ordinateurs quantiques, et que ne peuvent-ils pas faire ?

Les ordinateurs quantiques ne sont pas des remplaçants polyvalents des ordinateurs portables, des téléphones ou des serveurs de centres de données. IBM indique que, pour la plupart des types de tâches, les ordinateurs classiques devraient rester la meilleure solution, et que l’informatique quantique n’est pas idéale pour tous les problèmes, ni même pour la plupart [1]. IBM décrit plutôt un avenir où des superordinateurs classiques s’appuient sur des circuits quantiques pour résoudre certains problèmes [1].

Les problèmes prometteurs partagent une structure que la mécanique quantique traite naturellement. IBM met en avant la simulation de systèmes physiques comme les molécules et les matériaux, ce qui explique l’intérêt de la chimie et de la science des matériaux [1]. L’algorithme le plus connu est plus ancien : en 1994, Peter Shor a montré comment un ordinateur quantique pourrait factoriser de grands entiers, ce qui, comme le note IBM, pourrait potentiellement casser les systèmes cryptographiques les plus avancés de l’époque [1].

Comment lire les annonces d’accélération ?

Google a indiqué que Willow avait accompli en moins de cinq minutes une tâche d’échantillonnage de circuits aléatoires qui, selon ses estimations, prendrait 10 quadrillions d’années au superordinateur Frontier, mais Google précise aussi que ce banc d’essai n’a aucune utilisation commerciale pratique connue [2]. En octobre 2025, Google a annoncé que son algorithme Quantum Echoes s’exécutait sur Willow 13000 fois plus vite que le meilleur algorithme classique sur l’un des superordinateurs les plus rapides du monde, et l’a présenté comme « le tout premier avantage quantique vérifiable » ; vérifiable parce que le résultat peut être reproduit et recoupé sur un autre ordinateur quantique de qualité similaire [3]. Son application moléculaire, menée avec UC Berkeley sur des molécules de 15 et 28 atomes, était une expérience de preuve de principe [3]. Chaque annonce compare une tâche à une approche classique donnée ; aucune ne constitue une accélération générale.

Les ordinateurs quantiques vont-ils casser le chiffrement actuel ?

Pas aujourd’hui, mais le risque est pris au sérieux. Une machine suffisamment grande et fiable pour attaquer la cryptographie à clé publique actuelle est appelée ordinateur quantique cryptographiquement pertinent (CRQC) [6]. Le National Cyber Security Centre (NCSC) britannique indique que la plupart des algorithmes à clé publique traditionnels, dont RSA et les schémas fondés sur le logarithme discret comme ECDH, ECDSA et EdDSA, seront vulnérables face à une telle machine [6]. La cryptographie symétrique est un cas à part : selon le NCSC, elle n’est pas sensiblement affectée, et des algorithmes comme AES avec des clés d’au moins 128 bits peuvent continuer à être utilisés [6].

Quelle taille aurait une telle machine ?

Dans une prépublication de mai 2025 (et non un article évalué par les pairs), le chercheur Craig Gidney a estimé qu’une clé RSA de 2048 bits pourrait être factorisée en moins d’une semaine par un ordinateur quantique comptant moins d’un million de qubits bruités, contre son estimation de 2019 (avec Ekerå) de 20 millions de qubits bruités fonctionnant pendant huit heures [8]. Cette estimation suppose un taux d’erreur de porte de 0,1%, un cycle de correction d’erreurs de 1 microseconde et un temps de réaction du contrôle de 10 microsecondes [8]. À titre de comparaison, Willow compte 105 qubits [2]. L’estimation abaisse la barre, mais ne signifie pas qu’une telle machine existe.

Pourquoi agir avant que la machine n’existe ?

Le NCSC avertit qu’un attaquant pourrait collecter et stocker dès aujourd’hui des données chiffrées pour les déchiffrer plus tard [6]. C’est pourquoi le NIST a publié le 13 août 2024 ses trois premières normes post-quantiques finalisées et a encouragé les administrateurs à entamer la transition le plus tôt possible ; le NIST note que certains experts prévoient l’apparition d’un dispositif quantique capable de casser les codes d’ici une décennie [5]. Le calendrier du NCSC demande aux organisations d’achever l’inventaire et la planification d’ici 2028, de mener à bien leurs migrations les plus prioritaires d’ici 2031 et de terminer la migration de tous leurs systèmes d’ici 2035 [7].

Portes de baies de serveurs cadenassées dans un centre de données sécurisé, des faisceaux de câbles visibles à travers le grillage métallique

Où en est l’informatique quantique en 2026 ?

Le tableau ci-dessous distingue les étapes confirmées des feuilles de route des entreprises. Les feuilles de route sont des projets et peuvent prendre du retard.

IBM a annoncé le 10 juin 2025 son projet de construire d’ici 2029 Starling, un ordinateur quantique tolérant aux fautes à grande échelle, dans un nouveau centre de données à Poughkeepsie, dans l’État de New York, conçu pour exécuter 100 millions d’opérations quantiques sur 200 qubits logiques ; son successeur, Blue Jay, est présenté comme capable d’effectuer 1 milliard d’opérations sur 2000 qubits logiques [4]. Google indique que son prochain objectif après Quantum Echoes est un qubit logique à longue durée de vie, la troisième étape de sa feuille de route [3].

La page explicative d’IBM, mise à jour en avril 2026, présente toujours l’avantage quantique sur toutes les méthodes classiques connues comme un objectif : IBM y indique s’attendre à obtenir les premiers avantages quantiques d’ici fin 2026, à condition que les communautés de l’informatique quantique et du calcul haute performance travaillent ensemble [1].

Des physiciens vus de dos travaillant sur des ordinateurs portables à côté d’un grand cryostat dans un laboratoire universitaire, des câbles courant sur le sol

Quelles annonces sur l’informatique quantique faut-il accueillir avec prudence ?

Le domaine évolue vite, et les communiqués de presse peuvent devancer les preuves évaluées par les pairs. Un exemple clair est le communiqué de Microsoft de 2025 sur Majorana 1, une puce censée contenir huit qubits topologiques [9]. L’article publié dans Nature en parallèle n’allait pas jusqu’à revendiquer un qubit topologique, et dans le dossier d’évaluation par les pairs, l’équipe éditoriale de Nature a écrit que les résultats ne constituaient pas une preuve de la présence de modes zéro de Majorana dans les dispositifs [9]. Un physicien cité par Physics, le magazine de l’American Physical Society, a déclaré que l’article ne contenait aucune preuve de qubits topologiques, alors que le communiqué de presse disait autre chose [9].

Quelques questions aident à lire n’importe quelle annonce :

  • La tâche est-elle utile ? Des bancs d’essai comme l’échantillonnage de circuits aléatoires démontrent les capacités du matériel, mais n’ont aucune utilisation commerciale pratique connue [2].
  • À quoi est-elle comparée ? Une accélération par rapport au meilleur algorithme classique sur un superordinateur donné [3] est plus restreinte que le fait de surpasser toutes les méthodes classiques connues, la définition de l’avantage selon IBM [1].
  • Qubits physiques ou logiques ? Un nombre de qubits dit peu de chose si les erreurs ne sont pas corrigées ; le passage à l’échelle dépend d’une baisse des taux d’erreur à mesure que les systèmes grandissent [2].
  • Évalué par les pairs ou communiqué de presse ? Vérifiez si l’article scientifique étaye le titre [9].

Quels sont les avantages et les limites de l’informatique quantique ?

Avantages potentiels

  • La modélisation de molécules, de matériaux et de réactions chimiques, avec des applications possibles dans la découverte de médicaments et la recherche sur les semi-conducteurs [1].
  • De nouveaux outils de mesure ; dans l’expérience Quantum Echoes de Google, les résultats concordaient avec la résonance magnétique nucléaire (RMN) traditionnelle et révélaient des informations que la RMN ne fournit généralement pas [3].
  • La résolution de certains problèmes bien plus rapide que sur les machines classiques, une fois que de grands systèmes avec correction d’erreurs existeront [1][4].

Limites et risques

  • Les avis divergent sur l’arrivée effective de l’avantage : Google a présenté Quantum Echoes comme un avantage quantique vérifiable [3], tandis que la page explicative d’IBM, mise à jour en avril 2026, présente toujours un avantage sur toutes les méthodes classiques connues comme attendu d’ici fin 2026 [1].
  • Les qubits sont fragiles, et la décohérence et les erreurs restent les principaux obstacles [1][2].
  • Une future grande machine menacerait le chiffrement à clé publique largement utilisé [6], d’où le lancement de la migration vers de nouvelles normes [5][7].
  • Le risque d’emballement médiatique : les annonces peuvent exagérer ce que montrent les preuves [9].

Quelle est la suite ?

Trois échéances méritent d’être suivies. D’abord, l’apparition éventuelle des premiers avantages quantiques confirmés de manière indépendante d’ici fin 2026, comme l’attend IBM [1]. Ensuite, l’objectif d’IBM d’un système Starling tolérant aux fautes d’ici 2029 [4], parallèlement aux efforts de Google pour obtenir un qubit logique à longue durée de vie [3]. Enfin, les échéances de la migration de sécurité : les étapes de 2028, 2031 et 2035 du NCSC [7] et la poursuite de l’adoption des normes du NIST [5].

Pour un débutant, le point de vue équilibré est le suivant : l’informatique quantique relève d’une physique et d’une ingénierie bien réelles, avec des progrès constants et mesurables [2], mais les machines utiles à grande échelle ne sont pas encore là, et les ordinateurs ordinaires continueront d’accomplir presque tout ce pour quoi on les utilise [1].

Idées reçues sur l’informatique quantique comparées à ce que disent les sources (au 3 novembre 2026)
Idée reçueCe que disent les éléments disponibles
Les ordinateurs quantiques remplaceront les ordinateurs ordinairesLes ordinateurs classiques devraient rester les meilleurs pour la plupart des tâches [1]
Ils essaient toutes les réponses à la foisLa mesure donne un seul résultat ; l’interférence amplifie les bonnes réponses [1]
La suprématie quantique signifie des résultats utilesL’échantillonnage de circuits aléatoires n’a aucune utilisation commerciale pratique connue [2]
L’avantage quantique est déjà prouvéContesté selon la définition retenue : Google revendique un avantage vérifiable sur une tâche [3] ; IBM attend encore les premiers avantages sur toutes les méthodes classiques connues d’ici fin 2026 [1]
Le chiffrement est déjà casséUne estimation de 2025 évoque moins de 1 million de qubits bruités pour RSA-2048 [8] ; Willow en compte 105 [2]
Tout le chiffrement est menacéLes schémas à clé publique le sont ; AES avec des clés de 128 bits ou plus peut continuer à être utilisé [6]
Normes de cryptographie post-quantique du NIST publiées le 13 août 2024
NormeAlgorithmeFondé surUsage principal
FIPS 203ML-KEMCRYSTALS-KyberChiffrement général des données transmises sur les réseaux publics [5]
FIPS 204ML-DSACRYSTALS-DilithiumNorme principale pour les signatures numériques [5]
FIPS 205SLH-DSASPHINCS+Méthode de signature de secours reposant sur une approche mathématique différente [5]

Erreurs fréquentes

  • Penser qu’un ordinateur quantique n’est qu’un PC beaucoup plus rapide

    La bonne pratique: IBM indique que les ordinateurs classiques devraient rester la meilleure solution pour la plupart des tâches ; les machines quantiques visent des types de problèmes précis [1].

  • Prendre l’annonce d’une accélération pour un avantage général

    La bonne pratique: Vérifiez la tâche et le point de comparaison. Le banc d’essai de Willow n’a aucune utilisation pratique connue [2], et Quantum Echoes a été comparé à un seul algorithme classique [3].

  • Comparer des nombres de qubits sans s’intéresser aux erreurs

    La bonne pratique: Ce qui compte pour le passage à l’échelle, c’est que les erreurs diminuent à mesure que les systèmes grandissent, comme Willow l’a montré sous le seuil [2], et le nombre de qubits logiques qu’offre un système [4].

  • Croire que le chiffrement est soit déjà cassé, soit sûr pour toujours

    La bonne pratique: Ni l’un ni l’autre. Aucun CRQC n’existe encore, mais des données stockées pourraient être déchiffrées plus tard [6] ; les organisations doivent planifier leur migration vers les normes du NIST [5][7].

  • Faire davantage confiance aux communiqués de presse qu’aux articles scientifiques

    La bonne pratique: Le communiqué de Microsoft sur Majorana 1 affirmait davantage que son article dans Nature, et les éditeurs de la revue ont ajouté une mise en garde [9]. Recherchez les preuves évaluées par les pairs.

Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’un qubit, en termes simples?

Un qubit est la version quantique d’un bit. Contrairement à un bit, il peut contenir une combinaison pondérée de 0 et de 1 jusqu’à ce qu’il soit mesuré, et des qubits peuvent être intriqués de sorte que leurs états soient corrélés [1].

Peut-on acheter un ordinateur quantique ou en utiliser un chez soi?

Les ordinateurs quantiques sont encore des systèmes de recherche expérimentaux [1] ; par exemple, Willow compte 105 qubits [2] et la machine Starling tolérante aux fautes prévue par IBM doit voir le jour d’ici 2029 dans un centre de données [4]. Ce ne sont pas des appareils grand public.

Les ordinateurs quantiques vont-ils casser le Bitcoin ou le chiffrement de ma banque?

Pas avec les machines actuelles. Les méthodes à clé publique largement utilisées aujourd’hui seraient vulnérables face à un futur CRQC [6], et une estimation de 2025 indique que RSA-2048 nécessiterait moins d’un million de qubits bruités [8]. Les normes du NIST de 2024 sont conçues pour les remplacer [5]. Il s’agit d’informations générales et non de conseils en sécurité ou en finance.

Quelle est la différence entre utilité quantique et avantage quantique?

IBM parle d’utilité pour des résultats fiables sur des problèmes hors de portée d’une simulation classique par force brute, démontrée pour la première fois en 2023, et d’avantage pour une solution meilleure, plus rapide ou moins coûteuse que toutes les méthodes classiques connues, qu’elle attend d’ici fin 2026 [1].

Qu’est-ce que la cryptographie post-quantique?

De nouveaux algorithmes de chiffrement et de signature conçus pour résister aux attaques quantiques, comme ML-KEM, ML-DSA et SLH-DSA du NIST [5]. Ils fonctionnent sur des ordinateurs ordinaires ; le NCSC demande aux organisations d’achever leur migration d’ici 2035 [7].

La correction d’erreurs quantique est-elle résolue?

Pas entièrement. Google a montré que les erreurs diminuaient à mesure que sa grille encodée grandissait, sous le seuil [2], et indique que sa prochaine étape est un qubit logique à longue durée de vie [3]. Les grandes machines tolérantes aux fautes ne figurent encore que sur des feuilles de route [4].

Glossaire

Qubit
L’unité de base de l’information quantique, capable de contenir une combinaison de 0 et de 1 [1].
Superposition
La capacité d’un qubit à représenter une combinaison pondérée d’états jusqu’à sa mesure [1].
Intrication
Un lien entre qubits qui rend leurs états corrélés [1].
Décohérence
La perte du comportement quantique causée par la mesure ou par l’environnement [1].
Qubit logique
Un qubit plus fiable construit à partir de nombreux qubits physiques grâce à la correction d’erreurs ; Starling d’IBM vise 200 qubits logiques [4].
CRQC
Ordinateur quantique cryptographiquement pertinent : machine capable de casser les algorithmes à clé publique actuels [6].
Cryptographie post-quantique (PQC)
Algorithmes conçus pour rester sûrs face aux attaques quantiques, normalisés par le NIST dans les normes FIPS 203, 204 et 205 [5].

Sources

  1. What is quantum computing? IBM Think (updated 2 April 2026) · 2025-06-10
  2. Meet Willow, our state-of-the-art quantum chip Google (The Keyword blog) · 2024-12-09
  3. The Quantum Echoes algorithm breakthrough Google (The Keyword blog) · 2025-10-22
  4. IBM Sets the Course to Build World's First Large-Scale, Fault-Tolerant Quantum Computer at New IBM Quantum Data Center IBM Newsroom · 2025-06-10
  5. NIST Releases First 3 Finalized Post-Quantum Encryption Standards National Institute of Standards and Technology (NIST) · 2024-08-13
  6. Next steps in preparing for post-quantum cryptography UK National Cyber Security Centre (NCSC) · 2024-08-14
  7. Timelines for migration to post-quantum cryptography UK National Cyber Security Centre (NCSC) · 2025-03-20
  8. How to factor 2048 bit RSA integers with less than a million noisy qubits arXiv preprint (Craig Gidney) · 2025-05-21
  9. Experts Weigh in on Microsoft's Topological Qubit Claim Physics (American Physical Society) · 2025-03-10
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